Magazine immobilier
LaVieImmo.com
Les archives du magazine La Vie Immobilière
La Vie immobilière N° 6Paru le dimanche 1 avril 2007 à 00h00

Pour trois millions, t'as plus rien


Bulle immobilière ou pas, les nouveaux riches de la planète investissent des fortunes dans des résidences superluxueuses, à Paris ou ailleurs.

Alors que l'immobilier américain donne des signes de faiblesse, le marché international des professionnels de l'immobilier (Mipim) a fait son festival en mars à Cannes : des exposants qui débordaient sur la Croisette, des investisseurs qui se bousculaient dans les allées, des visiteurs venus de partout, des projets pharamineux rivalisant dans le superlatif, de l'Asie aux pays du Golfe, en passant par toutes les économies émergentes, bref du champagne et du caviar à tous les étages (les Russes étaient particulièrement nombreux).

Quoiqu'on en dise, les affaires vont bien. Peut-être que la profession danse sur un volcan et que les lendemains de fête seront difficiles. En attendant, des fortunes se sont faites et elles s'investissent comme par hasard dans l'immobilier résidentiel avec un appétit inégalé jusqu'alors. A Paris, le montant cumulé des transactions supérieures à 1 million d'euros a atteint dans les beaux quartiers 2,6 milliards en 2006, en progression de 40 % sur 2005, vient d'annoncer le réseau d'agences Daniel Féau et Belles Demeures de France, spécialisé sur le marché du prestige.

Parmi les clients, de très nombreux étrangers, notamment dans le superluxe : ils ont représenté l'an dernier 70 % des acquéreurs qui ont dépensé plus de 4 millions d'euros. Le prix record du réseau : 27 000 euros le mètre carré. Un bingo qui a été atteint deux fois : pour un appartement dans le 16e arrondissement et un autre à Saint-Germain-des-Prés. A ce niveau, le client est indifférent au prix s'il trouve le produit qu'il recherche. Malheureusement, si on peut employer ce terme, Paris compte peu de biens correspondant aux standards internationaux. La capitale « dispose d'appartements magnifiques, chargés d'histoire ou bénéficiant de vues magiques mais dans des copropriétés n'offrant aucun service et dont les parties communes sont chichement entretenues, déplore Charles-Marie Jottras, président de Daniel Féau. Les autres capitales, Londres, New York, Miami, Los Angeles, Shanghai et désormais Moscou offrent des immeubles contemporains ou anciens, mais complètement restructurés, avec des services proches de ceux d'un hôtel 5 étoiles ». On savait déjà que la France manquait de logements sociaux. On apprend qu'elle manque également d'appartements pour les plus riches des nouveaux riches de la planète. Parmi ceux qui se contentent du pauvre luxe existant, les acheteurs provenant d'Amérique du Nord restent nombreux (25 %), en dépit d'un change défavorable. Suivent l'Europe orientale et le Moyen-Orient, avec chacun 8 %, et l'Asie, avec 4 %.

Les Chinois commencent à acheter en France mais pas dans la Ville lumière. Ils préfèrent un château, signe de réussite sociale qu'une série télévisée a mis à la mode. Ce boom devrait continuer en 2007 puisque, sur le seul réseau Daniel Féau, le chiffre d'affaires a continué de progresser : + 32 % sur les premiers mois de l'année par rapport à la même période de 2006.

Cependant, l'écart devrait aller croissant entre le grand et le petit luxe. L'appartement haussmannien sombre car situé au premier étage et mal distribué se vend aujourd'hui moins bien qu'hier. Il reste donc des affaires à faire, notamment pour les mordus de patin à roulettes ou les parents de mordus qui apprécient les couloirs longs de 60 mètres entre la cuisine et la salle à manger. Avis aux amateurs !

Françoise Rey

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...