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Prix immobilierPrix immobiliervendredi 2 novembre 2007 à 12h55

"Les prix de l’immobilier ne peuvent pas aller plus haut"


(LaVieImmo.com) - Président du groupe d’annonces immobilières PAP, Jean-Michel Guérin anticipe un tassement des prix immobiliers en France mais ne croît pas qu’une crise sévère, du type de celle qu'on observe aux Etats-Unis, s’annonce.

Lavieimmo.com : Comment décririez-vous le marché immobilier français en cette fin d’année ?

Jean-Michel Guérin : 2007 n’est pas encore terminée qu’elle apparaît déjà comme l’année de la stabilisation.

Il y a eu toute une polémique récemment sur les différences entre les diagnostics de la Fnaim et des Notaires, mais je pense que ce qu’il faut retenir de la situation actuelle, c’est cette tendance à la stabilisation : l’accalmie après dix ans de hausse ininterrompue.

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Par ailleurs, on ne peut pas décrire le marché immobilier sans évoquer la crise des « subprimes » américaine, qui a deux types de conséquences en France : elle pousse les banques à plus de vigilance dans l’octroi de leurs crédits immobiliers, et elle incite les particuliers, vendeurs comme acquéreurs, à l’attentisme. C’est le risque de contagion psychologique : on voit que les prix s’effondrent aux Etats-Unis, on entend que ça ne va pas très bien en Espagne… sans toujours vraiment comprendre ce qui se passe d’ailleurs. La conséquence de tout cela en France, c’est qu’on constate un tassement du nombre de transactions immobilières, dans le neuf comme dans l’ancien.

Lavieimmo.com : Justement, puisque nous parlons des « subprimes », certains n’hésitent pas à prédire une crise à la française, surtout après la mise en lumière par l’Afub de la situation délicate de certains emprunteurs à taux variables. Pensez-vous qu’on court le risque d’une crise immobilière sévère ?

Jean-Michel Guérin : Ce dont l’Afub rend compte, c’est un peu comme une chronique d’incidents annoncés… Ce qui s’est passé, c’est que, dans certains cas, les banques ont préféré prêter à taux variables, afin de solvabiliser les ménages les plus risqués. Le problème avec le variable, c’est que quand les taux d’intérêts sont au plus bas, comme c’était le cas en 2005/2006, il y a tous les risques que ça remonte… dans certains cas extrêmes, on se retrouve maintenant avec des mensualités qui ont gagné 100 voire 150 euros en l’espace d’un an. Ce que dénonce l’Afub, c’est un manque de lisibilité sur la question des « caps », c’est à dire des plafonds qui fixent la limite au-delà de laquelle les mensualités ne pourront pas augmenter. Il y a visiblement eu une mauvaise communication sur ce point, et des particuliers sont contraints de payer beaucoup plus qu’ils ne l’avaient prévu.

Maintenant, je pense qu’il convient de ne pas dramatiser : 10% seulement des crédits immobiliers qui sont accordés en France sont à taux variables, et le nombre de plaintes adressées à l’Afub est limité, pas plus de 500 je crois. Alors il faut faire attention, s’assurer que les emprunteurs sont bien renseignés, mais je dirais qu’il s’agit là des aléas du taux variable.

Pour revenir à la question des « subprimes », rien de comparable n’existe en France. Aux Etats-Unis, les particuliers sont notés en fonction de leur solvabilité, sur une échelle de 1 à 5. Ce sont des clients catégorisés « prime ». En deçà de 0, on trouve des clients « subprime », des clients à risque, à qui on prête à 2.5% de plus qu’aux emprunteurs classiques. En France, cela reviendrait à prêter à 8%, ce qui est impossible.

Lavieimmo.com : Si 2007 est l’année de la stabilisation, comment pensez-vous que le marché immobilier va évoluer au court des prochains mois ?

Jean-Michel Guérin : Je penche pour un atterrissage en douceur, au moins tant que le pouvoir d’achat des français n’aura pas fini de rattraper la hausse des prix immobiliers. Ces prix ont tellement augmenté au cours des dernières années que les ménages ne peuvent plus suivre. Dans ces conditions, une poursuite de la hausse est exclue. Maintenant je ne m’avancerais pas à aller jusqu’à prédire une baisse marquée des prix.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre

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