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La Vie immobilière N° 16Paru le mardi 1 avril 2008 à 00h00

Que vive la hausse des prix !


Le pouvoir d'achat rétrécit comme peau de chagrin, sauf celui des accédants à la propriété. Encore faut-il pouvoir payer son crédit, même en monnaie de singe.

l'inflation, le mal absolu selon la Banque centrale européenne (BCE) et son président, Jean-Claude Trichet, est l'ennemie du mangeur de spaghetti et de yaourts dont les prix flambent inconsidérément, mais l'alliée objective de l'aspirant propriétaire, fut-il mangeur de spaghetti et de yaourts. Certes, les taux des crédits immobiliers sont aujourd'hui plus élevés qu'il y a deux ans, quand ils affichaient un plus bas historique. Emprunter aujourd'hui à 4,5 % (hors assurances) en moyenne pour un taux fixe peut paraître cher. C'est en réalité une bonne affaire. Comme la hausse des prix est repartie sur un rythme annuel de 2,8 % en janvier et février, le taux d'intérêt réel n'est que de 1,7 %, inférieur même à celui d'il y a deux ans, à presque 1,9 % (taux fixe moyen de 3,56 % moins une inflation de 1,6 %).

Cerise sur le gâteau, le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt mis en place par le gouvernement favorise encore un peu plus l'emprunteur. Evidemment, personne ne peut prévoir l'évolution de l'inflation sur les quinze ou vingt prochaines années. Mais le coût réel du loyer de l'argent devrait rester bon marché dans les prochains mois : ce n'est pas demain la veille que la BCE pourra redresser son taux directeur, alors que la Fed ne cesse de baisser le sien. Quant aux pressions inflationnistes, exacerbées par les pays émergents, elles ne semblent pas sur le point de s'apaiser. Bien sûr, les banques, empêtrées dans une crise financière internationale qu'elles ont elles-mêmes déclenchée, ne prêtent plus dorénavant qu'aux riches, c'est-à-dire aux clients qui ont et qui auront les moyens de rembourser leurs mensualités. Mais ceux qui peuvent montrer patte blanche sont devenus les rois du pétrole, même avec un baril à plus de 110 dollars. Puisque d'aucuns pronostiquent une baisse des prix de l'immobilier, ou à tout le moins une pause, certains aspirants propriétaires rongent leur frein dans l'espoir de payer moins cher.

En immobilier comme en Bourse, il est pourtant illusoire de vouloir acheter au plus bas et vendre au plus haut. Pour son logement, il vaut mieux raisonner de façon pragmatique : j'achète ma résidence principale si je peux le faire. Certains petits malins qui ont raté il y a dix ans leur fenêtre de tir n'ont cessé d'espérer une baisse des prix du mètre carré. Et ils peuvent attendre encore longtemps pour retrouver les tarifs de la fin du siècle dernier. Alors que c'est la crise immobilière américaine qui a fait plonger l'économie mondiale, la pierre est bizarrement en France en mesure de redevenir une valeur refuge. Normal, quand tout « fout le camp », l'achat d'un logement sécurise. Car quels que soient les aléas conjoncturels, c'est, sur le long terme, le gage d'une valorisation au moins égale à celle de l'inflation. Et c'est surtout un des meilleurs plans pour se constituer un patrimoine. Avec l'effet levier du crédit, le remboursement des mensualités représente une épargne forcée, exonérée d'impôt, puisque la plus-value sur la résidence principale n'est pas taxée. Même les prêts variables ne sont pas complètement déconsidérés si des plafonds sont clairement précisés. En résumé, l'achat de sa résidence principale est aujourd'hui une martingale. A deux conditions : la première, en avoir les moyens financiers ; la seconde, être conscient que les martingales n'existent pas

Françoise Rey, rédactrice en chef

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