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La Vie immobilière N° 16Paru le mardi 1 avril 2008 à 00h00

Rue d'Aubervilliers (Paris 19e) Nouvelle donne


Cet ancien no man's land connaît une transformation radicale. Mais les acheteurs ne se bousculent pas encore malgré un vrai potentiel.

Camions, grues et échafaudages barrent certes le passage, pourtant les transformations en cours rue d'Aubervilliers sont déjà perceptibles. « La mairie s'investit beaucoup pour réhabiliter cette artère longtemps délaissée. Des immeubles délabrés ont été rasés. Le quartier change », juge Philippe Duwez, de Century 21 Flandres Crimée. Un parc de 4 hectares, le jardin d'Eole, vient d'être inauguré. De nombreux équipements publics sont aussi prévus. Mais l'évolution de cette rue, l'une des plus malfamées de l'arrondissement il y a encore cinq ans, est toute récente. « Nous avons peu d'investisseurs et beaucoup de primo-accédants, constate Jacques Massard, de Orpi Parc Immo. Les prix du secteur leur permettent de mettre un pied dans l'immobilier, mais ils ne se bousculent pas pour venir ici. » Les tarifs se négocient entre 4 500 et 5 500 euros le mètre carré, la fourchette basse de l'arrondissement.

Dans le bas de l'artère, de gros travaux sont à prévoir pour l'achat d'un bien. Au numéro 34 de la rue, un 29 m2 s'est vendu 126 000 euros, soit 4 340 euros du mètre carré. Mais l'acquéreur devra débourser 33 000 euros pour la remise aux normes de l'immeuble. Plus bas, un 35 m2 a été acheté 153 000 euros, plus 28 000 euros de travaux, sans compter 30 000 euros supplémentaires pour les parties communes. « La rue d'Aubervilliers connaît les mêmes transformations que les rives du canal de l'Ourcq il y a quelques années. Personne n'aurait alors parié un centime sur sa réhabilitation, alors qu'aujourd'hui certains appartements s'y vendent 7 000 euros du mètre carré », commente Philippe Duwez.

Rénovations et préemptions

La mairie contraint aujourd'hui les copropriétés délabrées à se rénover. Mais cela a un coût. « C'est du gros oeuvre et beaucoup de propriétaires vendent pour ne pas avancer les fonds, poursuit le professionnel. Ces derniers mois, de nombreux lots ont été mis sur le marché. Moyennant une décote, les vendeurs ont négocié le paiement des travaux par les acheteurs. » Quand elle ne force pas à la rénovation, la mairie préempte ou rase. Plusieurs lotissements sociaux sortent maintenant de terre. Leur aspect n'a pas grand-chose à envier aux programmes du privé.

Plus haut, passé la rue Riquet, les prix remontent un peu. L'essentiel du parc date des années 1970 et les immeubles sont en bon état. Les appartements s'y négocient autour de 5 500 euros le mètre carré. A quelques dizaines de mètres de là, les anciennes pompes funèbres municipales vont être transformées en centre d'art. « C'est peut-être ce lieu qui changera définitivement le quartier. Pour l'instant il n'est pas bobo. Si des galeries d'art et quelques jeunes entreprises s'y installent, il peut le devenir », estime Jacques Massard. La transformation de ce bâtiment n'est pas le dernier des chantiers en cours. A une centaine de mètres, la future gare de RER Eole-Evangile sur la ligne E doit desservir une zone de bureaux porte d'Aubervilliers dans six ans. D'ici là, la rue n'aura plus tout à fait le même visage

Jorge Carasso

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