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LaVieImmo.com
EmprunterEmprunterjeudi 31 mars 2011 à 09h05

Les banques, responsables de la hausse des prix immobiliers ?


La concurrence entre les banques aurait indirectement soutenu les prix
La concurrence entre les banques aurait indirectement soutenu les prix
La concurrence entre les banques aurait indirectement soutenu les prix (©dr)

Et si les banques avaient entretenu la flambée des prix de l’immobilier ? La piste pourrait paraître saugrenue si elle n’avait pas été soulevée par le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, lui-même.

(LaVieImmo.com) - Dans un discours prononcé à l’occasion de la présentation du premier rapport annuel de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), qu’il dirige depuis sa création, M. Noyer a abordé mardi la question de la « forte hausse des prix » sur le marché de l’immobilier, notamment résidentiel.

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Une hausse « à laquelle, au-delà des déséquilibres entre l’offre et la demande de logements, des taux de crédit particulièrement bas ne sont pas étrangers », a-t-il estimé. En clair, si les banques ne peuvent pas être tenues responsables du manque de logements disponibles qui tire mécaniquement les prix vers le haut, on peut leur reprocher d’avoir alimenté le phénomène en rognant sur leurs marges pour pratiquer des barèmes très, voire trop compétitifs. Après plusieurs mois de baisse, les taux des crédits immobiliers ont touché en novembre 2010 leur niveau le plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (3,22 % en moyenne en novembre, hors assurance et coût des sûretés, selon le Crédit Logement). Et s’ils sont remonté depuis, ils se maintiennent encore à des niveaux historiquement bas. A ce jour, l’ACP n’a pas jugé utile d’émettre de recommandations en matière de marges. Selon le quotidien Les Echos, elle pourrait cependant le faire « en cas de besoin ».

Monétaire vs réel

Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université de Paris X, reconnaît que la question soulevée par Christian Noyer « mérite d’être posée, à condition que ce soit dans une équation plus globale ». L’économiste rappelle que le secteur bancaire français est très concurrentiel, ce qui se traduit par des conditions de crédit - notamment en termes de taux d’emprunt - parmi les plus favorables d’Europe. « On peut s’en plaindre, mais il ne faut pas oublier que c’est précisément cela qui a permis aux établissements de crédit du pays de résister à la crise tout en augmentant très rapidement et de manière très nette leur production de crédit, participant par là même activement à la reprise de la croissance économique ».

Concernant les « déséquilibres entre l’offre et la demande » évoqués par le président de l’ACP, le professeur Mouillart rappelle que le manque de logements en France est actuellement évalué à 900 000 unités environ. « Pour réduire ce déficit, il faut construire massivement. Des logements destinés au marché locatif, bien sûr, mais aussi et surtout à l’accession à la propriété. Et cette accession ne doit pas être réservée aux seuls ménages aisés », poursuit-il. L’économiste, qui note par ailleurs que 85 à 90 % des prêts immobiliers accordés chaque année servent à financer des opérations d’accession à la propriété (par opposition à des achats de résidence secondaire ou des opérations d’investissement locatif), estime que « stigmatiser les taux bas comme semble le faire M. Noyer revient à compromettre l’accès au crédit des ménages les plus modestes. Et donc à limiter la construction de logements, dont le déficit entretient la hausse des prix... Il faut savoir faire la différence entre le monétaire pur et le réel », conclut-il.

Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 31/03/2011 à 23:07 par Analyste

    Les banques font leurs marges sur les commissions d'assurance emprunteur, ensuite sur les spread d'intermédiation en transformant des ressources courtes (emprunts JJ, eonia) et/ou à faible taux (dépôts) en emplois longs (à taux fixe, en France). Sur les échéances courtes, la pentification des taux écrase complètement les marges d'intermédiation dès lors que les emplois (crédits à taux fixes) ont été vendus trop bas. Parallèlement, les banques n'ont plus d'autre choix que de sécuriser leur funding long terme, dans un marché des émissions obligataires ou de covered bond qui devient totalement saturé. Pour maintenir leur profitabilités, elles sont donc obligées de monter les prix (même si les taux courts restent bas).

  • 0 Reco 31/03/2011 à 21:58 par Matthew

    Je pense qu'il faut arrêter...Si les taux sont trop bas, les banques sont responsables des hausses de prix immobiliers et s'ils sont trop hauts, ce sont des voleurs. Les banques n'ont aucun intérêts à ce que les prix soient trop hauts... les biens sur lesquels portent les prêts sont souvent pris en garanties desdits prets... un bien surévalué = risque si le marché s'effondre.....!!!! Les taux bas ont cependant entretenu l'engouement pour l'immobilier mais c'est tout.

  • 0 Reco 31/03/2011 à 21:43 par Trichet

    "ien d'accord avec vous. Nous sommes proprietaire d'un appartement de 75 m² actuellement et je suis siderée des prix estimées par les agences ou meme sur le pap. Comment puis je escompté vendre mon bien a des prix exorbitants. Du reste si je joue le jeu et baisse mon prix comme je le souahiterais comment puis me reloger de facon decente derriere sans m'endetter jusqau'a 70 ans si je suis encore en vie .C'est impensable et je trouve le marche immobilier actuel completement surnaturel. Aujourdh'ui j attend que l'immobilier baisse meme si mon propre bien doit baisser. Patience....."

    Cette ne profite qu'aux speculateurs, pas au peuple qui souhaite se loger.

  • 0 Reco 31/03/2011 à 21:41 par Trichet

    Immobilier = croissance fictive

    On le savait...

  • 0 Reco 31/03/2011 à 15:19 par Lapoliss

    @copleboss
    "oui bien sur ce sont les banques qui fixent les taux directeurs maintenant...quelle blague."
    oui, ce sont-elles qui les fixent. en tenant compte de facteurs extérieurs, bien évidemment, mais chaque banque fait bien ce qu'elle veut de ses marges...

  • 0 Reco 31/03/2011 à 14:23 par copleboss

    "des taux de crédit particulièrement bas ne sont pas étrangers" oui bien sur ce sont les banques qui fixent les taux directeurs maintenant...quelle blague.
    Si nous avions une vraie économie (industrielle s'entend) nous n'aurions pas à baisser les taux pour faire de la croissance fictive...

  • 1 Reco 31/03/2011 à 14:10 par MisterHadley

    Et ce n'est justement pas en construisant à très grands frais sur fonds publics des tours de bureaux exclusivement en pleine capitale que ça va améliorer quoi que ce soit, y compris sur la répartition de l'emploi...

    Ca, c'est sûr...

  • 0 Reco 31/03/2011 à 14:08 par Dadi

    y a aussi pitete un problème de répartition de l'emploi à faire aussi...

  • 0 Reco 31/03/2011 à 14:07 par MisterHadley

    :)

  • 0 Reco 31/03/2011 à 13:42 par callas94

    bien d'accord avec vous. Nous sommes proprietaire d'un appartement de 75 m² actuellement et je suis siderée des prix estimées par les agences ou meme sur le pap. Comment puis je escompté vendre mon bien a des prix exorbitants. Du reste si je joue le jeu et baisse mon prix comme je le souahiterais comment puis me reloger de facon decente derriere sans m'endetter jusqau'a 70 ans si je suis encore en vie .C'est impensable et je trouve le marche immobilier actuel completement surnaturel. Aujourdh'ui j attend que l'immobilier baisse meme si mon propre bien doit baisser. Patience.....

  • 1 Reco 31/03/2011 à 10:56 par FrancoisM

    Les particuliers eux-mêmes ne sont-ils pas responsables de la hausse des prix, et les professionnels responsables du nuage de fumée créé autour de l'immobilier ?

    Car si l'on en croit les chiffres du remembrement, la France compte plus de logements que de personnes à loger. Il n'y a donc plus à construire, mais à répartir et à entretenir.

    Parce qu'une personne n'a besoin que d'un endroit pour se loger, la demande n'est en fait pas supérieure à l'offre (notre perception vient du fait que l'offre est tangible alors que la demande est par nature intangible). Le marché du logement est donc relativement équilibré. Il n'y a qu'une égalité qui n'est plus du tout respectée: les prétentions des propriétaires sont désormais très supérieures aux revenus disponibles des locataires ou accédants à la propriété, sans doute parce qu'on leur laisse croire que le marché se porte bien.

    Le marché se porte au contraire au plus mal. Oui les prix augmentent, mais il y a aussi de plus en plus de personnes exclus du marché. D'un coté une crise du logement, de l'autre coté la préparation d'une nouvelle crise financière. Car au final un bien immobilier n'a de valeur que s'il est occupé.

    Pour s'en sortir, il n'y a selon nous qu'un moyen: aider massivement les personnes qui cherchent un logement, pour que redémarre ce que l'immobilier aurait peut-être du rester, un grand jeu de chaise musicale, avec des professionnels moins diseurs de bonnes aventures mais plus entremetteurs.


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