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La Vie immobilière N° 17Paru le jeudi 1 mai 2008 à 00h00

Travaux valorisez votre logement


Investir dans son logement est une excellente solution pour en augmenter la valeur. Pour rentabiliser vos chantiers, découvrez dans ce dossier le potentiel des travaux à valeur ajoutée.

Nous voulions investir dans l'immobilier, explique Renaud, qui habite avec sa femme près de Nantes. Mais nous n'avions pas les moyens d'acheter grand-chose. Un ami nous a suggéré d'agrandir notre maison. » Réflexion faite, le couple a fini par construire une pièce de 15 m2 qui sert pour l'instant de remise. « C'est pour le stockage et le bricolage : on y met aussi bien nos vélos que notre cave à vin. Et on l'a située de façon qu'elle soit facilement transformable en chambre si jamais le besoin s'en fait sentir. Les travaux sont déjà rentabilisés : ils nous ont coûté 16 000 euros, et la maison vaut 30 000 euros de plus à cause des mètres carrés supplémentaires », sourit Renaud.

Investir dans son propre logement présente nombre d'avantages. Vous augmentez le confort de votre bien. Et à la revente, vous vous assurez, selon les travaux, une substantielle plus-value, qui en plus sera défiscalisée s'il s'agit de votre résidence principale, exonérée d'impôt à la revente.

Ces travaux à valeur ajoutée vont de la couche de peinture à la construction d'un nouvel étage, en passant par le réaménagement de votre intérieur. De façon générale, les gains sont proportionnels à la mise. Si vous le pouvez, agrandissez-vous : gagner des mètres carrés est la façon la plus sûre de faire grimper la valeur de votre bien.

Sinon, réaménager un bien, par exemple en transformant une chambre en séjour après le départ des enfants, peut aussi être très rentable. Tout comme remettre son logement aux dernières normes. Les petits travaux, pour l'essentiel, ne rapportent pas beaucoup, mais peuvent faire la différence pour convaincre des acquéreurs. « En ce moment, ce sont les acheteurs qui ont la main sur le marché immobilier, signale Yves Eon, de l'agence Eon Racine Immobilier à Nantes. Le but est de les séduire. » Un logement qui présente bien se vend bien. Si ce n'est plus cher, en tout cas plus vite. Il faut donc en profiter, d'autant que les solutions de financement abondent. Il existe même des prêts dédiés à des taux préférentiels. Pour ne citer que lui, le Pass-Travaux, facilement accessible à tout salarié, permet d'emprunter jusqu'à 8 000 euros à 1,5 %, hors assurances et garantie. A ce tarif-là, il n'y a pas à hésiter

Petits travaux Soignez les détails

Peu onéreuses, ces petites opérations de rénovation ou d'aménagement peuvent peser dans la balance lors d'une vente. Pas forcément en augmentant le prix de cession mais en facilitant la transaction. L'idée ? Rendre votre bien plus attractif et fonctionnel.

Refaire les peintures

Après quelques années d'occupation, les murs du trois-pièces de Marjorie et Alain Decoing étaient devenus jaunes - Alain est fumeur. Avant de vendre, ils se sont décidés à le repeindre, sur les conseils d'un agent immobilier venu évaluer l'appartement. Des murs clairs, notamment, améliorent la luminosité et augmentent l'impression d'espace. « Nous l'avons fait nous-mêmes, témoigne Alain, cadre de 44 ans. Une fois fini, notre bien avait l'air neuf et accueillant, et s'est vendu deux semaines après. » L'opération coûte entre 12 et 20 euros par mètre carré de surface à traiter, soit environ 4 000 euros pour refaire murs et plafonds d'un 45 m2, moins encore si on se charge soi-même des opérations. « Cela ne se traduira pas par un prix de vente plus élevé, mais le bien séduira plus d'acquéreurs et pourra être vendu plus vite, assure Frédéric Stocklouser, de l'agence Solvimmo à Mandelieu-la-Napoule. Soignez également les détails en changeant par exemple les interrupteurs électriques. »

Améliorer la salle de bains

« Une salle d'eau en très mauvais état est rédhibitoire et peut freiner des acquéreurs », explique Thierry Guez, de l'agence CPAB à Paris 9e. Inversement, une salle de bains de standing - avec jacuzzi par exemple - peut rapporter, à condition que le reste de l'appartement soit du même niveau de qualité. « L'opération coûte entre 4 000 et 7 000 euros pour une pièce de 10 m2 si on opte pour du matériel de qualité », estime Daniel Malard, plombier à Paris. Il est possible de réaliser quelques travaux soi-même, les nouveaux modèles d'éviers et de bacs à douche étant simples à poser. Mais s'il faut toucher à la plomberie, le recours au professionnel est obligatoire. « Si vous faites appel à une entreprise pour simplement refaire la pièce et que vous vendez rapidement ensuite, vous n'êtes pas sûr de rentrer dans vos frais, précise Thierry Guez. En revanche, compléter une installation avec des WC ou installer des WC séparés supplémentaires - environ 1 500 euros - dans un appartement familial constitue un vrai plus. »

Réorganiser la cuisine

« Autrefois petite, la cuisine est peu à peu devenue une pièce importante, témoigne Thierry Guez. Bien aménagée, c'est un fort atout de séduction. » Si la vôtre date des années 1970, un lifting s'impose, non seulement pour moderniser le style de la pièce, mais aussi pour grignoter de l'espace. « Selon le type du bien, il ne faudra pas envisager les mêmes travaux, explique Frédéric Stocklouser. Par exemple, une cuisine américaine déjà équipée revalorisera un T3 au troisième étage sans ascenseur, qui a priori intéresse une clientèle jeune. » Aujourd'hui, il existe un large choix de cuisines. Les premiers prix pour des cuisines à monter soi-même débutent à 1 500 euros. Si vous passez par des professionnels, l'addition sera plus élevée, mais vous pourrez sous conditions (logement achevé depuis plus de deux ans) bénéficier du taux de TVA réduit à 5,5 %.

artisans

Comparer les devis

La meilleure façon de choisir un entrepreneur, c'est de se le faire recommander par un ami qui a déjà utilisé ses services. Mais mettez-le quand même en concurrence avec d'autres pour faciliter les négociations sur le devis. Sinon, adressez-vous uniquement à des entreprises labellisées, ce qui est un gage de sérieux mais pas une assurance absolue de compétence. Demandez des devis à toutes les entreprises choisies, avec une estimation des délais, et cherchez la mieux-disante - celle qui présente le meilleur rapport qualité/prix. Si le projet est complexe et que vous engagez un architecte, sélectionnez-le de la même façon, en accordant une importance particulière à la qualité de votre relation : vous le verrez et l'aurez souvent au bout du fil. Il propose en général son propre réseau d'artisans, qui ont l'avantage d'avoir l'habitude de travailler ensemble.

Gros travaux Transformez pour gagner

Pour augmenter de façon significative la valeur de votre logement, il faut passer à une échelle supérieure : les récompenses augmentent avec les mises. Mais ces grands projets de rénovation, très lourds, ne doivent pas être réalisés avec un objectif de vente immédiate. Non seulement ils prennent du temps - pendant lequel votre logis n'est pas forcément habitable -, mais ils nécessitent en général quelques années pour être amortis. En revanche, vous profiterez du confort accru de votre logement.

Mettre aux normes

« Avant de vendre, il faut maintenant faire établir divers diagnostics techniques, entre autres ceux concernant les installations d'eau, de gaz ou d'électricité, rappelle Didier Blot, de l'agence Foncia à Paris 15e. Et si les résultats sont négatifs, la vente n'est pas autorisée ! » Remettre aux normes vos installations est donc parfois indispensable. Même dans le cas contraire, prendre les devants peut avoir son avantage. Côté plomberie, par exemple, sachez que les tuyaux en plomb seront interdits en 2013. « C'est comme pour les ascenseurs : plus la date de remise aux normes va s'approcher, moins les professionnels seront disponibles », prévient Daniel Malard, plombier à Paris. Qui plus est, une vieille tuyauterie présente des risques de fuites. Si les soudures sont décollées, certaines canalisations rouillées, ou que des traces d'humidité apparaissent, n'hésitez pas à faire examiner votre installation. « Mieux vaut tout refaire de son propre chef que d'y être acculé après un dégât des eaux, estime Didier Blot. Vous économiserez ! » Pour un appartement de 60 m2, comptez entre 6 000 et 7 000 euros pour toute l'installation. Si votre logement est achevé depuis plus de deux ans, vous bénéficiez du taux de TVA réduit à 5,5 %. L'autorisation de la copropriété n'est requise que si vous touchez aux évacuations communes. « Dans le cas d'une vente, si l'installation est encore aux normes mais vétuste, mieux vaut laisser les travaux au prochain propriétaire : vous ne rentreriez pas dans vos frais, conseille Didier Blot. Mais s'il suffit de changer quelques éléments de tuyauterie, en revanche, n'hésitez pas. Cela vous permettra en plus de vous prémunir contre d'éventuels vices cachés. » Il en va de même pour l'installation électrique et de gaz.

Réaménager l'espace

L'année dernière, Patrice Loisek et son épouse étaient propriétaires d'un petit quatre-pièces de 75 m2 à Paris. « Après le départ des enfants, certaines pièces étaient devenues inutiles, raconte Patrice. On a pensé un moment à déménager, mais on aimait beaucoup cet appartement. On a décidé d'abattre une cloison et de changer l'affectation des pièces. » Le couple a réduit la dépense au maximum : Patrice a lui-même manié la masse. « On s'y est mis très vite : le mur visé n'était pas porteur, explique Patrice. Sinon, on aurait dû demander l'autorisation de la copropriété pour réaliser les travaux et faire appel à des professionnels, ce qui aurait augmenté la note. » Les murs porteurs sont en effet des parties communes appartenant à l'immeuble. Pour les abattre - ou y percer des ouvertures -, il faut passer par un vote en assemblée générale, procédure que Patrice a pu éviter. « En revanche, on a engagé des artisans pour les raccords de sol et de plafond. » Le couple a ensuite repeint son nouveau séjour. Total de la facture : 2 500 euros. « Maintenant, on habite un grand T3, sourit Patrice. Et il a gagné de la valeur. Le quatre-pièces était évalué à 450 000 euros ; le T3, à 475 000 euros ! » Soit un gain de 22 500 euros, au prix de deux semaines de travaux. Réaménager son logement peut permettre d'augmenter considérablement la valeur de son bien, jusqu'à 10, voire 15 %. Mais pour atteindre un tel bonus, il faut souvent faire plus que simplement abattre une cloison : il faut repenser l'agencement. « N'hésitez pas à consulter un architecte d'intérieur, conseille Thierry Guez. Non seulement il pourra établir un devis, mais il assurera la cohérence et l'équilibre du projet. »

Economiser l'énergie

« Même si l'écologie est de jour en jour plus présente, avoir une maison totalement verte n'est pas pour l'instant la garantie qu'elle se vendra plus cher que sa version polluante », admet Yves Eon, de l'agence Eon Racine Immobilier à Nantes. Mais d'ici à quelques années, la donne sera différente : chauffe-eau solaire, isolation performante, double vitrage et pompe à chaleur deviendront la norme. Et pour l'instant, les mesures fiscales incitatives abondent : presque tous les travaux visant à des économies d'énergie bénéficient d'un crédit d'impôt allant de 25 à 40 % sur le coût du matériel (consultez le site Internet de l'Ademe pour plus de renseignements). « Faire maintenant les travaux est un pari, c'est vrai : le coût est encore élevé et les réglementations peuvent évoluer, mais il ne faut pas oublier que, durant toutes les années où vous occuperez votre habitation, vous économiserez de l'énergie, et donc de l'argent », remarque Yves Eon. Il existe un document qui précise les performances énergétiques de votre bien, évalue le montant des travaux nécessaires pour permettre les meilleures économies et vous indique aussi le temps que vous mettrez à tout rentabiliser : le diagnostic performance énergétique, ou DPE. « Le DPE doit obligatoirement être fourni lors d'une transaction, rappelle Stéphanie Trochu, de l'agence Natimmo Transactions, à Paris 14e. Même si vous n'avez pas l'intention de vendre, faites-le réaliser : il est valable dix ans. » Le coût d'établissement d'un DPE varie de 100 à 250 euros selon la taille du logement.

frédéric stocklouser, agent immobilier à Solvimmo, Mandelieu-la-Napoule

Réaménager son appartement permet d'en augmenter considérablement la valeur : la hausse du prix peut atteindre 10, voire 15 %. Dans la plupart des cas, il vaut mieux abattre des murs que d'en élever, mais cela dépend de votre logement et du marché immobilier de votre quartier.

démarches

Respecter les procédures

Demande préalable de travaux

Elle est nécessaire pour les constructions créant entre 2 et 20 mètres carrés de SHOB (surface hors d'oeuvre brute). Les formulaires sont délivrés en mairie ; il faut y joindre un plan de la situation du terrain, un autre de la construction envisagée avec les cotes et une esquisse de l'ouvrage ou une photo. La durée standard du délai d'instruction est de un mois. L'absence de réponse de l'administration vaut accord tacite.

Permis de construire

Obligatoire dès que la surface créée dépasse 20 mètres carrés de SHOB. Le formulaire de demande se trouve lui aussi en mairie. Sont aussi nécessaires un plan de situation du terrain, un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier, un plan de coupe du terrain et de la construction, une notice décrivant le terrain et présentant le projet, un plan des façades et des toitures, et une photographie permettant de situer le terrain dans l'environnement proche et dans le paysage. La demande de permis de construire et le dossier qui l'accompagne doivent être établis en 4 exemplaires. Enfin, le permis lui-même doit être affiché visiblement pendant une durée variable.

Assemblée générale

Pour poser une question lors d'une assemblée générale de copropriétaires, il faut qu'elle figure à l'ordre du jour. Pour cela, elle doit être envoyée au syndic au moins dix jours avant l'envoi des convocations. Reste à convaincre les autres copropriétaires d'adhérer à votre idée. Vous devrez présenter un projet de travaux et de modification du règlement de copropriété.

Sécurisation des contrats

Il n'y a pas de délai de rétractation ou de réflexion pour un contrat de travaux. Vérifiez avant de signer que tous les travaux sont listés séparément sur le devis et non regroupés en un ou plusieurs forfaits. Demandez à chaque corps de métier de faire un contrat séparé. Vérifiez que l'artisan retenu est couvert par une assurance de responsabilité décennale. Par ailleurs, souscrivez une assurance dommage ouvrage avant l'ouverture du chantier. En cas de sinistre, elle permet le paiement des travaux qui relèvent de la garantie décennale.

stéphanie étienne, architecte à Yvetot

On gagne toujours à agrandir sa maison tant que le prix des travaux au mètre carré est inférieur à celui du bien. A condition que l'ajout s'accorde au style du bâti préexistant. Bien conçue et intégrée, une extension augmentera plus la valeur du logement que la simple addition de mètres carrés supplémentaires ; par exemple, un grand séjour ouvert sur un jardin apporte de l'agrément à une maison ancienne.

Agrandissement Voyez plus large

Gagner des mètres carrés est payant mais demande de la patience. Avant tout, il faut vérifier le permis de construire d'origine de votre maison et prendre connaissance des contraintes que vous aurez à respecter : le coefficient d'occupation des sols (COS), qui limite la surface constructible maximale sur un terrain, et le plan d'occupation des sols (POS) ou le plan local d'urbanisme (PLU) de votre commune, consultables en mairie. Ensuite, il faut obtenir les autorisations nécessaires à votre projet, et le cas échéant l'accord des copropriétaires.

Annexer

Une partie privative

« Aménager ses combles ou son grenier est une bonne façon de gagner de la surface et de donner plus de charme à sa maison, ce qui en augmente la valeur », conseille Yves Eon. La première chose à vérifier est que la hauteur sous plafond soit au minimum de 1,80 m. Sinon, l'espace gagné ne sera même pas habitable. Ensuite, vous devrez engager obligatoirement un architecte si le projet abouti mesure plus de 170 mètres carrés de surface habitable. Si la SHOB - surface réelle sur laquelle sont réalisés les travaux - est inférieure à 20 m2, une simple déclaration préalable en mairie suffit. Sinon, vous devrez demander un permis de construire. « L'aménagement de combles coûte entre 500 euros et 1 000 euros du mètre carré selon l'état de départ », estime Stéphanie Etienne, architecte à Yvetot (Seine-Maritime).

Une partie commune

« Mon appartement était tout au fond d'un couloir. J'ai avancé ma porte d'entrée de 3 m, cela m'a coûté 5 000 euros, témoigne Loïc Kerjean, de Paris. Ça n'a l'air de rien, mais j'ai gagné 5 m2 de surface. A plus de 4 000 euros du mètre carré dans mon quartier, c'est rentable... » Pour annexer une partie commune - en fait l'acheter à la copropriété -, il faut l'autorisation de l'assemblée générale, à la majorité des copropriétaires représentant au moins deux tiers des voix. Vous devrez présenter le projet de travaux et celui de modification du règlement de copropriété. Ne convoquez pas une assemblée spécialement à cet effet : vous éviterez des frais, et il y a peu de chances que vous atteigniez les votes requis. Vous devrez ensuite, selon la surface à créer, déposer une déclaration préalable de travaux ou un permis de construire.

Un deuxième appartement

Si vous possédez deux appartements contigus ou superposés, vous pouvez les réunir. L'autorisation de la copropriété et une étude de faisabilité sont en général nécessaires, les murs séparateurs étant le plus souvent porteurs et donc une partie commune, comme les plafonds. Comptez 2 000 euros pour abattre un mur porteur et faire les raccords au sol et au plafond. Créer un duplex est plus cher : percer un plafond coûte entre 2 000 et 6 000 euros, et l'escalier entre 2 000 et 7 000 euros. Mais les duplex sont à la mode, et le gain en valeur immédiat. « Ne vous engagez pas dans ces travaux si l'appartement du dessus mesure moins de 15 m2, cela n'en vaut pas la peine : l'escalier prend trop de place », conseille Stéphanie Etienne. Enfin, ce n'est pas la peine de viser des surfaces trop grandes. « En termes de valeur de vente, il peut être plus avantageux de recréer deux appartements, un grand et un petit, à partir de deux surfaces moyennes », remarque Frédéric Stocklouser.

Construire

Une nouvelle pièce

Vous avez réaménagé tous les espaces disponibles de votre maison, et pourtant vous êtes encore à l'étroit. Le COS de votre commune vous indiquera dans quelles limites vous pouvez l'agrandir : il est parfois possible de doubler sa surface, comme dans notre témoignage (voir p. 56). Le coût du mètre carré varie entre 1 000 et 1 500 euros selon le type de pièce et la qualité. « Consultez un architecte, conseille Stéphanie Etienne. Parfois, il faut réaménager en plus de bâtir pour vraiment tirer le maximum d'un bien. » Si vous en avez les moyens et que le terrain le permet, construire une deuxième maison est très intéressant à long terme. En revanche, si vous ne disposez que de peu de surface, vous pouvez agrandir votre salon avec une véranda. « Le résultat doit vraiment avoir du charme pour que les travaux soient rentables », prévient Stéphanie Trochu. Une autre option est de construire une pièce utilitaire, comme une buanderie ou une remise.

Un nouvel agrément

Si le COS de votre terrain ne vous permet pas d'ajouter une pièce à votre maison, vous pouvez quand même l'améliorer : les surfaces des dépendances et des constructions d'agrément, comme une terrasse ou un garage, ne sont pas prises en compte. La première, si elle ne dépasse pas 0,60 m de haut, ne nécessite pas de permis. En revanche, les contraintes d'urbanisme sont fortes sur ces constructions ; vérifiez aussi le cas échéant le règlement de votre lotissement. Comptez environ 600 euros du mètre carré pour un garage en brique, et 70 euros pour une terrasse en béton à même la terre. « L'un comme l'autre est un ajout intéressant à une maison, toujours rentabilisé lors d'une revente, estime Yves Eon. Mais une piscine peut être un meilleur investissement encore. » A condition d'habiter au soleil. Plus le climat est chaud, plus l'eau est appréciée. Une piscine de bon standing coûte 15 000 euros et ne nécessite pas de permis, sauf si elle est couverte. « Bien intégrée au paysage, elle pourra augmenter de 5 à 8 % le prix de la maison, mais il n'existe aucune règle d'évaluation », précise Hervé Sayaque, de Laforêt à Cannes.

Un nouvel étage

« J'avais le droit de construire et je voulais agrandir ma maison, mais sans sacrifier mon petit jardin, explique Gaëlle, qui habite près de Rouen. Alors j'ai décidé de doubler la surface habitable en ajoutant un étage. » Les travaux sont chers : plus de 40 000 euros, pour 80 mètres carrés supplémentaires. Mais la valeur de la maison de Gaëlle a augmenté, elle, de 70 000 euros. « Il est également possible de concevoir le nouvel étage comme un appartement indépendant pour le louer », conseille Stéphanie Trochu. Dans un immeuble en copropriété, construire un étage sur le toit est beaucoup plus compliqué. La municipalité doit déjà le permettre, ce qui est rare. De plus, vous devrez demander l'accord des copropriétaires lors d'une assemblée générale pour mener les travaux, car vous modifiez l'aspect extérieur de l'immeuble. Enfin, le coût des travaux est prohibitif.

Bruno Rouleau, responsable partenariats chez In&Fi Crédit

Les solutions ne manquent pas pour financer des travaux. Par exemple, s'ils créent plus de 14 mètres carrés, le prêt agrandissement du 1 % logement permet d'emprunter jusqu'à 50 % du montant des travaux à un taux de 1,2 %, sans condition de revenus.

économies d'énergie

Un écoprêt à l'étude

Parmi les propositions remises fin février par l'Agence nationale de l'habitat (Anah) à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, une se détache. L'idée : lancer un écoprêt à taux zéro ouvert à tous les particuliers (propriétaire, occupant ou bailleur) pour financer en une seule fois l'ensemble des travaux de rénovation les plus importants (isolation, fenêtres, chauffage, ventilation...) visant des économies d'énergie. En contrepartie, les travaux devront être réalisés dans un délai fixé ; des sanctions financières seraient prévues en cas de dépassement. Le rapport préconise que « la durée de l'emprunt doit être longue et correspondre aux temps de retour prévisionnels d'amortissement des travaux à réaliser, soit de dix à quinze ans. » Le montant maximal envisagé serait de 30 000 euros. « Sa mise en oeuvre est déjà à l'étude dans certaines banques, sur la base d'un produit qui serait une fusion du Livret de développement durable et du compte épargne logement », signale Bruno Rouleau, d'In & Fi Crédits. Le dispositif de ce prêt serait indépendant du mécanisme de prêt à taux zéro, offert actuellement aux primo-accédants, mais ne serait pas cumulable avec les crédits d'impôt pour les dépenses d'équipement de l'habitation principale en faveur des économies d'énergie et du développement durable.

www.

ademe.fr

anah.fr

anil.org

caf.fr

capeb.fr

logement.gouv.fr

qualitel.org

Financements Variez les sources

Avant de chercher un prêt, réduisez la facture au maximum. Pour certains travaux d'amélioration, si votre logement est achevé depuis plus de deux ans et que vous les faites réaliser par des professionnels, vous pouvez bénéficier du taux réduit de TVA à 5,5 %. C'est par exemple le cas de la construction de balcons, loggias, terrasses et vérandas, à condition qu'ils n'augmentent pas la surface habitable.

Moins de 8 000 euros

Si vous êtes salarié, contactez un des organismes collecteurs du 1 % logement. Entre autres, ils distribuent le Pass-Travaux, un crédit à 1,5 % hors assurances et garantie qui permet de financer les travaux d'aménagement ou d'amélioration. Le prêt est plafonné à 8 000 euros (9 600 sous conditions de revenus), remboursable sur un à dix ans.

Le compte épargne logement (CEL) permet d'obtenir facilement, sans frais de dossier et avec peu de garanties, un prêt hors assurances de 3,75 % depuis le 1er février, dont le montant, plafonné à 23 000 euros, dépend des intérêts perçus. Il faut pour en bénéficier disposer au bout de dix-huit mois d'au moins 37 euros de droits acquis. Autre avantage, les droits des CEL appartenant à des parents ou à des collatéraux sont cumulables. Enfin, si vous percevez des allocations familiales, votre caisse peut vous accorder, sur présentation des devis, un prêt à l'amélioration de l'habitat (PAH) au taux de 1 %. D'un montant de 1 067,14 euros au maximum, qui peut être doublé pour des travaux liés aux économies d'énergie, le PAH est remboursable sur 36 mensualités.

Plus de 8 000 euros

Prenez d'abord tout ce que le 1 % peut vous proposer, et ensuite cumulez les prêts. Si auparavant vous n'étiez pas propriétaire et que vos revenus sont inférieurs à certains plafonds (consultables sur le site Internet de l'Anil), essayez d'obtenir en plus un prêt à taux zéro (PTZ) pour financer la construction d'une annexe. Complétez de préférence par un prêt à la consommation, facile à obtenir, dont le taux démarre à 4,5 %. Remboursable en un à sept ans, il est plafonné à 21 500 euros. Au-delà de cette somme, il faut demander un prêt travaux. La procédure est lourde, les frais de dossier et la garantie sont importants. En s'appuyant sur le nouveau Livret de développement durable (l'ancien Codevi), certaines banques et courtiers proposent des formules de prêts dédiées aux travaux d'économie d'énergie à des taux préférentiels.

Vous pouvez adjoindre à votre prêt CEL un prêt épargne logement à 4,2 % hors assurances pour les PEL dernière génération. Cumulés, les deux produits permettent d'emprunter jusqu'à 92 000 euros. Enfin, sous certaines conditions, vous pouvez obtenir une subvention couvrant de 15 à 70 % des travaux selon votre statut à l'Anah (Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat) si les travaux favorisent le développement durable ou améliorent l'accès aux handicapés, la sécurité, la salubrité ou l'équipement du logement. Vous devrez en revanche occuper ou louer le bien pendant neuf ans

Jean-Marie Benoist

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