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La Vie immobilière N° 13Paru le samedi 1 décembre 2007 à 00h00

Une maison d'écrivain


Le néoromantique Gonzague Saint-Bris a transformé un atelier en musée littéraire, près de la gare Saint-Lazare à Paris.

Je veux que le lieu que j'habite, que les objets qui sont à mon usage me parlent de ce qu'ils ont vu, de ce qu'ils ont été et de ce qui a été avec eux. » Face à la porte d'entrée, réplique de celle d'un palais florentin, l'adage du peintre Eugène Delacroix donne le ton. A côté, le pupitre sur lequel écrivait Alexandre Dumas lorsqu'il était clerc de notaire à Villers-Cotterets signale un homme de lettres. « Chez moi, chaque pièce est façonnée comme un chapitre, de sorte que ma maison soit un roman », explique Gonzague Saint Bris, qui vient de publier les Romans de Venise, un récit polyphonique consacré à la Sérénissime.

Son style ? Un savant mélange de néo-Renaissance et de néoromantisme sur 250 m2. « Les deux époques se répondent. La première regarde l'Antiquité, et la seconde la première », précise l'écrivain-historien. Dans son salon cathédrale, un majestueux piano à queue, un imposant lustre rapporté de l'Opéra de Manaus, et une collection improbable d'objets aux propriétaires célèbres. Se côtoient pêle-mêle les chaises gothiques du poète Walter Scott, le service à liqueur de lord Byron à Venise, une loupe offerte par Maxime Dupin à son ami Gustave Flaubert, le meuble sur lequel a été baptisé Alfred de Vigny... Bricabracomaniaque, Gonzague Saint-Bris ? « Non, je suis un adepte de la balzacomanie, corrige-t-il illico. L'auteur de La Comédie humaine excellait dans l'art de faire des natures mortes sur le thème de l'écriture. »

A l'étage, la réplique du bureau de La Fayette au château de Chavaniac, sur lequel il écrit la nuit - et notamment la biographie du marquis -, un peu plus loin le lit de George Sand. « Le jour, c'est ici que je m'allonge et dicte mes livres à ma secrétaire », dévoile le dandy. Puis la chambre du maître des lieux, frappée de fleurs de lys, et, dans son prolongement, une magnifique bibliothèque. « J'ai demandé à mon ami décorateur Daniel Louradour de reproduire le fameux "kiss me quick corner" de la maison de Victor Hugo à Guernesey », explique le dernier des néoromantiques, descendant de la famille Mame (éditeurs notamment d'Hugo). A l'instar de son maître en séduction, il possède lui aussi, derrière un immense tableau, son bout du balcon, qui se rétrécit en piège à filles

Ariane Artinian

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