Baisse mécanique des investissements dans l’immobilier en 2008
Par : Steiner David
Publié le 10 octobre 2008
Les banques freinent les emprunts, les taux grimpent, la demande
s’effondre, l’offre suit et le marché de l’immobilier
d’entreprise recule : c’est la crise. Le marché de l’immobilier
est toujours l’indicateur postérieur des grands mouvements
économiques. Indicateur parce qu’agissant comme un miroir
déformant : dans les périodes de croissance il a généralement un
taux plus élevé et inversement il souffre en temps de récession des
dommages collatéraux. La crise est financière, c’est le marché de
la pierre qui paye les pots cassés.
Sur les trois premiers trimestres 2008, les investissements ont
baissé de 57% ! Un marché qui passe de 22 à 9 milliards d’€
échangés. Et la chute vertigineuse enregistrée ces derniers mois
présage un chiffre annuel qui devrait péniblement atteindre les 12
milliards. Précisément, les plus importants reculs sont enregistrés
en région parisienne qui totalise une baisse de 60% sur les huit
premiers mois. La faute aux grands ensembles qui ont atteint des
sommets de tarifs (850 euros/an le m² par exemple pour des bureaux
place d’Iena à Paris) loin des réalités financières auxquelles
doivent faire face la plupart des entreprises ces derniers mois. La
chute est encore mesurable sur les grandes transactions, portant sur
des sommes supérieures à 100 millions d’€. Seulement 11
transactions ont dépassé cette somme en 2008 contre 46 en 2007…
Comme dans toutes les bonnes histoires, il y a un paradoxe qui se
cache derrière cette crise de l’immobilier. Le marché est en net
recul d’abord par la faute des banques qui ont augmenté, sinon
leurs taux d’intérêts, du moins leurs exigences envers ceux qui
contractent des prêts. Or il se trouve que les banques sont
également de très grands propriétaires fonciers, destinés aux
entreprises et aux particuliers. Et il apparaît que ce sont les
banques elles mêmes qui, étant les plus touchées par le revers
financier de cette crise, sont dans l’obligation de se défaire de
certains biens voire de leur propres locaux pour se reloger dans
d’autres moins onéreux. Un comble !
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