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BureauBureaumercredi 15 avril 2020 à 11h10

Bercy demande aux foncières de faire un geste sur les loyers pour les commerçants


Des commerces fermés peinent à payer leurs loyers.
Des commerces fermés peinent à payer leurs loyers.
Des commerces fermés peinent à payer leurs loyers. (©Ludovic Marin - AFP)

Bruno Le Maire a demandé aux foncières d’aider les commerçants qui ne peuvent pas payer leur loyer. Emmanuel Macron avait promis que les loyers des petites entreprises en difficulté seraient suspendus, mais sans prévoir de mesures coercitives.

(BFM Immo) - Les grands propriétaires doivent en faire plus pour aider les entreprises à surmonter la crise. C'est désormais la ligne du gouvernement, au moment où les commerçants accusent de mépris leurs principaux bailleurs qui refusent un report général des loyers. "On parle beaucoup des banques qui doivent faire des efforts, des assureurs... Il y a les grandes foncières aussi qui doivent faire des efforts", a déclaré mardi 14 avril sur RMC et BFMTV le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. "Les grandes foncières peuvent et doivent faire plus pour aider ceux qui ne peuvent pas payer leurs loyers aujourd'hui", a-t-il insisté, annonçant pour cette semaine des discussions entre le secteur et le gouvernement.

Comment payer son loyer quand on voit son activité ralentie, voire totalement interrompue par les mesures de lutte contre le Covid-19? La question de pose pour de nombreuses entreprises, en particulier pour les commerces contraints depuis un mois à la fermeture car jugés non essentiels à la vie du pays.

Les commerces et leurs propriétaires s'organisent

Dès le début du confinement, le président Emmanuel Macron a fait une promesse: les loyers des petites entreprises en difficulté seraient suspendus. Mais par la suite, le gouvernement n'a guère donné de détails. Il s'est abstenu de prévoir des mesures coercitives et a laissé s'organiser les commerces et leurs propriétaires, parmi lesquels les grandes foncières qui exploitent les centres commerciaux. Or, "j'ai trop de retours de difficultés encore sur lesquelles les grandes foncières ont les réponses, peuvent les apporter et doivent les apporter", a regretté Bruno Le Maire.

En tenant ces propos, le ministre de l'Economie vient en renfort des commerçants entrés dans un conflit de plus en plus ouvert avec leurs propriétaires, en particulier du côté des centres commerciaux. Ces derniers ont provoqué une escalade la semaine dernière en détaillant les mesures qu'ils comptaient prendre en matière de loyers, via leur fédération, le Conseil national des centres commerciaux (CNCC).

Refusant toute mesure généralisée, l'organisme fait la distinction entre petits commerces, pour lesquels il recommande un étalement des loyers sur deux ans, et les grandes enseignes, dont il exige un paiement normal. Entre les deux, pour les entreprises moyennes, il privilégie le cas par cas mais demande au moins le versement habituel des charges. "Les bailleurs, qu'ils soient petits ou grands, chacun à leur échelle, portent de lourds investissements essentiellement financés par des dettes (...) qui rendent crucial le respect des dates d'exigibilité des loyers et charge", souligne dans un communiqué le CNCC.

Propositions "totalement inadaptées"

Mais cette ligne, de "responsabilité" et "d'efforts collectifs", n'est pas du tout celle des commerçants. Dans une tribune publiée sur le site des Echos, un collectif de grandes enseignes stigmatise notamment les pratiques des bailleurs "les plus puissants" et réclame purement et simplement "l'annulation des loyers durant la période de fermeture" des boutiques. Sans quoi, cette charge pesant environ 20% du chiffre d'affaires des commerces, le groupement estime que 50.000 magasins et restaurants pourraient mettre la clé sous la porte et plus de 60.000 salariés perdre leur emploi.

Les propositions qui ont été faites par les bailleurs sont "totalement inadaptées à la profondeur de la crise que nous traversons et irrespectueuses au regard des efforts supportés par l'Etat, les commerçants et les salariés", a ajouté dans un communiqué l'Alliance du commerce qui rassemble plusieurs fédérations et dénonce le "mépris" des bailleurs à son égard.

Inspiration des assureurs?

Quelles armes a désormais le gouvernement, placé en position d'arbitre par les commerçants? Ils lui demandent de faire en sorte qu'aucun bail ne puisse être résilié unilatéralement si le loyer n'est pas payé. L'inspiration pourrait venir des assureurs, un autre secteur accusé d'inflexibilité ces dernières semaines, y compris par le gouvernement. Plusieurs entreprises reprochent aux compagnies de ne pas vouloir indemniser les pertes liées à la crise.

Si les assureurs refusent toujours d'aller aussi loin, ce qui mettrait en danger tout leur modèle, ils vont verser plusieurs centaines de millions d'euros au fonds public destiné à aider les entreprises en difficulté. "Les loyers des commerces (...) pourraient parfaitement être pris en compte dans ce fonds", a avancé Bruno Le Maire.

Avec AFP

D. L. - ©2020 BFM Immo

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