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InternationalInternationaldimanche 13 octobre 2019 à 08h00

En Birmanie, la construction d'un pont fait renaître l'espoir chez les habitants d'un bidonville


Le pont de l'espoir pour les bidonvilles de Rangoun
Le pont de l'espoir pour les bidonvilles de Rangoun
Le pont de l'espoir pour les bidonvilles de Rangoun (©Sai Aung Mai - AFP)

Les habitants du bidonville de Dala vont bientôt bénéficier d'un pont qui va les relier à Rangoun la capitale. Les travaux de cet édifice devraient se terminer en 2022.

(BFM Immo) - Depuis sa modeste boutique installée près d'une berge en friche, Khin Than Myint ne pense plus qu'à ça: le pont en construction à deux pas de chez elle. De l'autre côté du fleuve se dresse Rangoun, la capitale économique de la Birmanie, avec ses nombreux commerces, son centre d'affaires et ses rues animées. Un autre monde, synonyme de richesse, accessible uniquement par ferry ou sur des petites embarcations depuis Dala, le bidonville où elle vit.

Mais Khin pourra bientôt rejoindre la ville quand elle veut et en quelques minutes grâce à un immense pont suspendu dont les travaux viennent de commencer. "Le plus tôt sera le mieux", déclare-t-elle à l'AFP dans sa petite échoppe où elle vend du thé. L'ouvrage long de plusieurs centaines de mètres sur le fleuve Rangoun doit voir le jour en 2022 et changer la vie de milliers d'habitants.

Khin raconte que parfois lorsque les malades parviennent à l'hôpital, il est déjà trop tard. Grâce au viaduc, financé par la Corée du Sud, "les gens pourront aller à Rangoun à pied", se réjouit-elle. À Dala, les habitants ont assisté sans en profiter, au développement économique fulgurant de Rangoun, grâce aux milliards de dollars venant de l'étranger. Des bâtiments modernes abritant des hôtels cinq étoiles et des centres commerciaux luxueux font désormais de l'ombre à la célèbre flèche dorée de la pagode Shwedagon.

Un tiers de la population vit dans la pauvreté

Dans le bidonville, - contraste saisissant -, le paysage est encore fait de chèvres errant dans des rizières et de chemins défoncés où l'on circule difficilement sur des motos sans âge et des tuk-tuk bringuebalants interdits en centre-ville. Après presque un demi-siècle de régime militaire, la Birmanie a commencé à s'ouvrir en 2011. Depuis cette date, les investissements n'ont cessé d'affluer, environ 50 milliards de dollars en tout, dont la moitié vers la seule ville de Rangoun, selon le cabinet PriceWaterhouseCoopers.

Le niveau de vie a augmenté pour beaucoup de Birmans mais un tiers de la population vit toujours dans la pauvreté, les infrastructures sont encore vétustes et une majeure partie du territoire est secouée par des conflits. À Dala, le boom économique de Rangoun a quand même créé du travail. Les bateliers effectuent davantage de traversées, comme Aung Myo Win qui a vu le trafic sur le fleuve exploser en 14 ans de métier.

Selon lui, le pont, dont le coût est estimé à 168 millions de dollars, "sera pour le peuple", même s'il redoute que son activité ne finisse par disparaître, le laissant lui et des dizaines d'autres collègues sur le carreau. "Nous devons nous sacrifier si cela permet à notre quartier de se développer", dit-il résigné sur une jetée proche du chantier.

"Dala a été d'une certaine manière oubliée sur la carte"

Historiquement, la rive sud du fleuve a été négligée car essentiellement constituée de marécages. C'est pourquoi Rangoun s'est développée au nord, plus à l'intérieur des terres, explique David Ney, urbaniste et membre de The Asia Foundation. "Dala a été d'une certaine manière oubliée sur la carte", ajoute-t-il. Un oubli peut-être en passe d'être réparé. En plus du pont, une vaste zone industrielle pourrait voir le jour grâce à des investissements coréens et chinois.

Khin la vendeuse de thé y voit une promesse de jours meilleurs. "Je construirais bien une nouvelle maison, je pourrais aussi agrandir mon commerce, et pourquoi pas en ouvrir d'autres - comme à Rangoun", dit-elle pleine d'espoir. D'autres sont plus prudents. Chit Nyunt, 68 ans, est chauffeur de taxi à Rangoun. Il a vu le développement rapide du centre d'affaires et les inégalités se creuser. "Les loyers ont explosé, le prix de la nourriture aussi. Certaines familles n'arrivent plus à s'en sortir", conclut-il.

Avec AFP

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