Connexion

Mot de passe oublié Pas encore de compte ?
International
LaVieImmo.com
InternationalInternationallundi 29 octobre 2018 à 09h23

Istanbul inaugure ce qui pourrait devenir le plus grand aéroport du monde


L'aéroport est inauguré lundi 29 octobre.
L'aéroport est inauguré lundi 29 octobre.
L'aéroport est inauguré lundi 29 octobre. (©AFP)

Le président Recep Tayyip Erdogan inaugure le nouvel aéroport de la plus grande ville du pays. Mais la construction a pris du retard et le nouvel aéroport ne tournera à plein régime qu'à partir du 29 décembre.

(LaVieImmo.com) - Le président Recep Tayyip Erdogan veut faire de l'ex-capitale de l'Empire ottoman un carrefour mondial entre trois continents: l'Europe, l'Asie et l'Afrique. C'est pourquoi il inaugure en grande pompe ce lundi à Istanbul un nouvel aéroport destiné à devenir "le plus grand du monde" et une vitrine des méga-projets d'infrastructures qui ont transformé la Turquie depuis son arrivée au pouvoir.

L'inauguration est toutefois avant tout symbolique et coïncidera avec le 95e anniversaire de la République turque. La construction, qui s'est faite à marche forcée, a en effet pris du retard et le nouvel aéroport ne tournera à plein régime qu'à partir du 29 décembre. Jusqu'à cette date, seulement cinq vols quotidiens y seront assurés et l'aéroport Atatürk restera ouvert. Cette transition de deux mois permettra de tester l'aéroport et d'"identifier des points à améliorer", a expliqué Kadri Samsunlu, le PDG d'IGA, le futur opérateur de l'aéroport, lors d'une visite organisée pour la presse étrangère jeudi.

Visage futuriste

Recep Tayyip Erdogan doit annoncer le nom du nouvel aéroport. Nombre d'observateurs s'attendent à ce que le président turc, nostalgique de l'Empire ottoman, le baptise d'après un sultan.

L'édifice, qui a nécessité un budget de 10,5 milliards d'euros de travaux, présente un visage futuriste avec de nombreuses ouvertures vitrées, des lignes courbes et des équipements dernier cri. Un défi de taille sera le transfert des équipements de l'aéroport Atatürk au nouveau site lors d'une opération délicate fin décembre qui durera 45 heures.

Turkish Airlines, fleuron de l'économie turque, qui assurera mercredi le premier vol commercial du nouvel aéroport à destination d'Ankara, compte tirer parti des dimensions du nouvel aéroport pour élargir son offre. "L'an prochain, nous allons ajouter 40 appareils à notre flotte. D'ici 2023, nous transporterons 120 millions de passagers par an", explique un cadre de la compagnie ayant requis l'anonymat.

De nombreuses polémiques

Cet aéroport fait partie, avec le troisième pont sur le Bosphore et le tunnel sous ce même détroit inaugurés en 2016, des grands projets d'infrastructures ardemment défendus par Recep Tayyip Erdogan qui veut transformer la Turquie à temps pour le centenaire de la République, en 2023. Mais à quel prix ? La construction de l'aéroport a en effet été accompagnée de polémiques, concernant notamment son impact sur l'environnement.

Le mois dernier, c'est la situation des quelque 34.000 ouvriers travaillant d'arrache-pied pour tenir les délais qui a suscité des critiques. Plusieurs centaines d'entre eux ont été arrêtés après avoir manifesté pour demander une amélioration de leurs conditions et dénoncer des retards dans le versement des salaires. La plupart ont été relâchés, mais une vingtaine sont encore écroués. D'après l'IGA, 30 ouvriers sont morts sur le chantier depuis le début des travaux. Un chiffre largement sous-estimé selon des syndicats.

Enfin, la présence prévue lundi à l'inauguration du président soudanais Omar el-Béchir, recherché pour génocide par la Cour pénale internationale, risque de faire grincer des dents.

Devant Atlanta

Avec une capacité d'accueil de 90 millions de passagers par an, le nouvel aéroport d'Istanbul devrait figurer parmi les 5 aéroports les plus fréquentés au monde et pourrait, à terme, accéder à la première marche du podium. D'ici 10 ans, la capacité d'accueil de l'aéroport devrait atteindre jusqu'à 200 millions de passagers par an, selon son futur opérateur IGA.

Il se hisserait alors au premier rang des aéroports les plus importants en terme de capacité d'accueil, selon l'organisation mondiale des aéroports Airport Council international (ACI). En 2017, c'est l'aéroport américain d'Atlanta qui arrivait en tête de ce classement avec 103,9 millions de passagers par an. Il était suivi par Pékin (95,7 millions), Dubaï (88,2 millions), Tokyo (85,4 millions) et Los Angeles 84,5 millions, selon l'ACI.

Les aéroports européens de Londres-Heathrow (78 millions), Paris-Charles de Gaulle (69,4 millions), Amsterdam (68,5 millions), Frankfort (64,5 millions) et Istanbul (64,1 millions) sont arrivés respectivement aux septième, dixième, onzième, quatorzième et quinzième rang du classement d'ACI des 20 aéroports les plus fréquentés en 2017.

Construit sur un site vierge

L'an dernier, la croissance du trafic aérien dans les aéroports en Turquie a été de 10,9% par rapport à l'année précédente, selon ACI Europe. Au premier semestre 2018, elle a encore bondi de 15,7% par rapport aux six premiers mois de 2017. L'aéroport international d'Istanbul Atatürk, qui sera remplacé par le nouvel aéroport, a accueilli en 2017 près de 64 millions de passagers, contre 30 millions pour celui d'Istanbul Sabiha Gocken.

Le nouvel aéroport est la première plateforme en Europe de type "greenfield", c'est-à-dire construite sur un site vierge, depuis près de 20 ans, précise ACI. Lorsque les quatre phases de construction seront terminées, vers 2028, cet aéroport comptera six pistes et deux terminaux répartis sur un gigantesque site de 76 km2, selon IGA. Le dernier aéroport construit en partant de zéro est celui d'Athènes Elefthérios-Venizélos entré en service le 29 mars 2001, après celui de Munich, le 17 mai 1992.

Le nombre de passagers dans le monde est en croissance constante. Selon les dernières projections de l'Association internationale du transport aérien (Iata) il devrait, sur la base d'une estimation de croissance de 3,5% par an, doubler dans les 20 prochaines années pour passer de 4,1 milliards cette année à 8,2 milliards en 2037. L'Iata tire régulièrement la sonnette d'alarme face aux risques de congestion des aéroports et appelle les États à investir rapidement dans les infrastructures.

Avec AFP

LaVieImmo.com - ©2019 LaVieImmo

Estimation de bien

Estimation de bien


Donnez votre avis
Vous devez être enregistré pour pouvoir poster sur cet article
(il vous reste 2000 caractères)