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InsoliteInsolitevendredi 20 décembre 2019 à 06h00

Pourquoi dit-on "ça fait un bail"?


ça fait un bail...rural!
ça fait un bail...rural!
ça fait un bail...rural! (©Free-Photos - Pixabay)

Cette expression populaire signifie que cela fait longtemps que deux personnes ne se sont pas vues. Le bail en question fait référence aux baux de fermage.

(BFM Immo) - A l'occasion des fêtes de fin d'année, BFM Immo vous explique chaque jour pendant un mois le sens d'une expression liée au logement ou au monde de l'immobilier au sens large. Un peu à la manière d'un calendrier de l'Avent. Aujourd'hui, retour sur l'expression "ça fait un bail".

C'est une expression énormément utilisée, facile à comprendre, mais une petite subtilité existe. "Ça fait un bail" signifie familièrement que cela fait longtemps que deux personnes ne se sont pas vues ou qu'un évènement s'est passé.

Pourtant, un bail n'est pas forcément une durée très longue. Ainsi, la loi du 6 juillet 1989 précise que pour une location vide, le bail est de trois ans ou six ans. Pour une location meublée, il est encore plus court : un an.

En fait, le bail en question dans l'expression serait un bail à ferme, la location d'une exploitation agricole à un fermier avec paiement d'un loyer appelé fermage. Le bail rural est conclu pour une durée minimal de 9 ans. Mais il existe un bail rural à long terme qui peut être conclu pour 18 ans, 25 ans ou entre 25 ans et la retraite.

>> Retrouvez 24 expressions liées au logement et à l'immobilier pour briller en soirée

Diane Lacaze - ©2020 BFM Immo

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  • 0 Reco 20/12/2019 à 12:06 par Mossman

    Tout juriste consciencieux sait que le droit ne saurait s’embarrasser d’à-peu-près, et que si le citoyen lambda se plaint d’un jargon procédurier digne des « Plaideurs »de Molière dont il ne saisit pas les nuances, il n’en reste pas moins que la justice n’a que faire des subtilités lexicales de notre belle langue. La loi se doit de dire, et d’écrire !, juste. En faisant fi des mille et une mutations que connurent les mots au fil des siècles, confrontés aux accents, aux régionalismes et autres particularismes vernaculaires insoucieux de la rigidité formelle de nos codes. Ainsi se sont croisés définitions juridiques et langage courant, au risque d’entraîner des quiproquos que nous vous proposons ici d’éclairer à travers l’histoire et les migrations d’un vocable.

    Bailler, c’est donner.
    Même si la générosité altruiste n’est pas forcément l’apanage de l’humain, l’action de donner, au sens large du terme, semble concomitante à la notion de propriété. Car peut-on concéder ce dont on ne dispose pas librement ? Mais voilà, entre l’acte gratuit cher à notre chrétienté et la mise en pratique des mille et un avatars de la cession, la science juridique allait offrir à l’homme du terrain une déclinaison de moyens à en perdre son latin.

    Reste à comprendre le lien entre « don » et « bail », que l’étymologie de ce dernier terme explicite de façon on ne peut plus définitive. « Bail » se veut un déverbal de « bailler », un verbe qui n’a plus cours, même chez nos lettrés, mais n’en demeurait pas moins le parfait synonyme de « donner » jusqu’au XVIIe siècle, ce qu’attestent la poésie de Malherbe ou l’œuvre de Molière entre autres exemples. Encore que certains chicaneurs ne manqueront pas de relever le subtil distinguo entre « donner » et « bailler », ce dernier impliquant plutôt la notion de « mettre entre les mains ».
    […]
    (Extrait de L’Abécédaire de l'habitat : https://www.amazon.fr/dp/ 1692028383/)